📌 En bref
- Le marchand de biens rĂ©alise des opĂ©rations d’achat-revente avec des marges de 15 Ă 3
- Le marchand de biens achète, rénove et revend des biens immobiliers dans un but commercial, avec une fiscalité professionnelle spécifique.
- Il bénéficie de droits de mutation réduits (0,715 % au lieu de 5,80 %) sous engagement de revente dans les 5 ans.
- Les marges brutes visées sont de 15 à 30 % par opération, mais les risques sont élevés.
- Le statut de marchand de biens peut être exercé en nom propre ou en société (SAS, SARL, SCI IS).
Devenir marchand de biens est l’une des activités immobilières les plus lucratives — et les plus risquées — qui soient. Contrairement à l’investissement locatif qui génère des revenus passifs, le marchand de biens réalise des opérations d’achat-revente avec des marges de 15 à 30 % par opération. Audrey, 39 ans, a quitté son emploi de comptable pour se lancer à temps plein dans cette activité il y a trois ans. Elle réalise aujourd’hui 4 à 5 opérations par an pour un chiffre d’affaires de 2,5 millions d’euros. Voici ce qu’elle aurait aimé savoir au début.
Qu’est-ce qu’un marchand de biens ?
Le marchand de biens est un professionnel qui achète des biens immobiliers dans l’intention de les revendre rapidement, réalisant ainsi une activité commerciale soumise au régime fiscal des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) et non aux règles des particuliers.
L’activité de marchand de biens se distingue de l’investissement locatif par son intention à l’achat : l’achat est réalisé pour revendre, non pour louer. Cette intention est présumée dès lors qu’elle est réalisée de façon répétée et professionnelle. La qualification de marchand de biens est retenue par l’administration fiscale en fonction de plusieurs critères : habitude des opérations, intention spéculative à l’achat, connexité avec d’autres activités professionnelles.
Ce que fait concrètement un marchand de biens
- Identifier des biens sous-valorisés (succession, biens dégradés, lots à diviser).
- Acheter rapidement, souvent sans condition suspensive de prêt pour être plus compétitif.
- Rénover, diviser, réhabiliter ou simplement arbitrer (achat revente sans travaux).
- Revendre dans les meilleurs délais pour maximiser la rotation du capital.
Statut juridique et fiscal
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Le marchand de biens exerce une activité commerciale taxée en BIC. Il n’existe pas de statut légalement défini : c’est l’administration fiscale qui qualifie l’activité selon les critères d’habitude et d’intention. Mais exercer cette activité de façon répétée sans structure juridique adaptée expose à de lourdes requalifications.
Points clés du statut :
- Imposition des bénéfices en BIC : Les profits sont des bénéfices commerciaux, soumis à l’impôt sur le revenu (en nom propre) ou à l’IS (en société).
- TVA immobilière : Le marchand de biens est assujetti à la TVA sur ses ventes de biens (19,6 %) mais peut récupérer la TVA sur ses achats dans certains cas.
- Droits de mutation réduits : Engagement de revente dans les 5 ans → droits réduits à 0,715 %.
- Cotisations sociales : Les revenus sont soumis aux cotisations sociales des indépendants (TNS) ou aux charges sociales de dirigeant si en société.
Avantages fiscaux du marchand de biens
Le principal avantage fiscal du marchand de biens est la réduction drastique des droits de mutation à l’achat, qui tombent de 5,80 % à 0,715 % sous engagement de revente dans les 5 ans. Sur un achat à 300 000 €, l’économie dépasse 15 000 €.
Les avantages fiscaux du statut :
Droits de mutation réduits
C’est LE principal avantage. Un particulier qui achète un bien à 300 000 € paie environ 21 600 € de droits de mutation (7,2 % en moyenne). Un marchand de biens n’en paie que 2 145 € (0,715 %). Économie : 19 455 €. Cette économie est conditionnée à la revente dans les 5 ans (engagement notarié).
TVA récupérable sur certaines opérations
Pour les immeubles achetés et revendus neufs ou rénovés substantiellement, la TVA sur les travaux est récupérable, ce qui représente une économie de 20 % sur le coût des travaux.
Déduction de tous les frais
Contrairement à un particulier qui ne peut pas déduire les frais de ses opérations immobilières, le marchand de biens déduit tous ses coûts en charges d’exploitation : travaux, honoraires, frais financiers, loyers de bureau, salaires si applicable.
Droits de mutation particulier : 21 600 €
Droits de mutation marchand de biens : 2 145 €
Économie : 19 455 €
Plus-value particulier (tranche 30 %, après 1 an) : 17 200 € d’impôt sur 40 000 € de PV
BIC marchand (IS 15 %) sur même bénéfice : 6 000 €
Économie : 11 200 €
Risques et obligations
L’activité de marchand de biens comporte des risques significatifs : risque financier sur chaque opération, risque de requalification fiscale si l’engagement de revente n’est pas respecté, risque de travaux dépassant le budget et risque de marché si les prix baissent.
Rachid, 46 ans, a failli faire faillite lors de sa troisième opération : il avait sous-estimé les travaux d’une cave en appartement parisien. Budget initial : 80 000 €. Coût final : 135 000 €. La marge espérée de 60 000 € s’est transformée en perte de 25 000 €.
Les principaux risques
- Risque de travaux : Les dépassements de budget sont fréquents (20-50 % de plus que prévu). Toujours prévoir une marge de sécurité de 30 %.
- Risque de marché : Une baisse des prix pendant la détention peut éroder la marge complètement.
- Risque de permis : Une division de lot ou un changement d’usage peut être refusé par la mairie.
- Risque de liquidité : Si le bien ne se vend pas dans les délais prévus, les frais financiers rongent la marge.
Types d’opérations rentables
Les opérations les plus rentables pour un marchand de biens débutant sont la division d’appartements, la réhabilitation de biens dégradés et l’achat de lots en vente judiciaire. Chaque type d’opération a ses spécificités techniques et juridiques.
La division d’appartements (découpe)
Acheter un grand appartement ou une maison et le diviser en plusieurs lots : c’est l’opération phare des marchands de biens. Un appartement de 120 m² à 3 500 €/m² acheté 420 000 € peut être divisé en deux T3 de 55 m² revendus 230 000 € chacun, soit 460 000 € — une marge brute de 40 000 € avant frais et travaux.
La réhabilitation de biens dégradés
Acheter des biens insalubres, dégradés ou vétustes à forte décote, rénover entièrement et revendre à prix de marché. La difficulté est de bien estimer les travaux et de maîtriser les délais de chantier.
L’arbitrage sans travaux
Identifier des biens vendus sous le prix du marché (succession urgente, divorce, surendettement), acheter et revendre rapidement sans travaux. Moins risqué mais marges plus faibles (5-15 %).
Financement des opérations
Les opérations de marchand de biens se financent généralement avec un mélange de fonds propres (30-50 %) et de crédit bancaire court terme (prêt relais, ligne de crédit professionnelle). Le financement participatif immobilier (crowdfunding) est aussi très utilisé.
Les sources de financement disponibles :
- Prêt relais professionnel : Taux généralement 5-8 %, durée 12-24 mois maximum.
- Crédit promoteur : Pour les opérations importantes, certaines banques proposent des crédits dédiés.
- Crowdfunding immobilier : Des plateformes comme Homunity permettent de compléter le financement via des obligations à 8-12 % d’intérêts.
- Associés : Monter un tour de table d’investisseurs privés pour chaque opération.
Se former pour devenir marchand de biens
Devenir marchand de biens compétent nécessite des connaissances en droit immobilier, fiscalité, techniques de construction, estimation immobilière et gestion de chantier. Des formations spécialisées de 2 à 6 jours existent, complétées par une pratique progressive.
Les ressources recommandées par Audrey :
- Formation en présentiel chez des spécialistes de l’immobilier professionnel (FNAIM, ICH).
- Livres spécialisés (Yann Darwin, Alexis Dupont sur la marchandise de biens).
- Réseaux de marchands de biens (associations, groupes LinkedIn).
- Stage ou accompagnement avec un marchand de biens expérimenté sur une première opération.
Choisir sa structure juridique
La SAS ou SARL à l’IS est généralement la structure recommandée pour exercer en tant que marchand de biens : elle protège le patrimoine personnel, optimise la fiscalité et facilite l’association avec d’autres investisseurs.
Les options :
- Nom propre : Simple mais risqué (responsabilité illimitée). Les bénéfices sont taxés en BIC à la tranche marginale d’IR.
- SARL/SAS à l’IS : Protection du patrimoine, taux IS 15 % sur les 42 500 premiers euros de bénéfices. Recommandé dès la première opération significative.
- SCI à l’IS : Utilisable mais moins adapté aux opérations commerciales multiples.
Pour comprendre les implications fiscales de chaque structure, consultez notre guide sur la SCI familiale et la fiscalité des structures immobilières.
Fiscalité des plus-values et des bénéfices
Les bénéfices d’un marchand de biens sont imposés en BIC (pas en plus-values immobilières des particuliers), ce qui les exclut de l’exonération progressive après 22 ans. En société à l’IS, le taux réduit de 15 % s’applique jusqu’à 42 500 € de bénéfices.
Clément, 35 ans, a réalisé son première opération en SAS : achat 180 000 €, travaux 30 000 €, revente 250 000 €. Bénéfice : 40 000 €. Imposition IS 15 % : 6 000 €. Il lui reste 34 000 € en trésorerie de société, réinvestissables immédiatement sans imposition supplémentaire.
Exemple d’opération chiffrée
L’exemple d’opération chiffrée est une illustration concrète d’un projet d’achat-revente immobilier pour un marchand de biens. Il détaille les coûts (acquisition, travaux, frais de notaire, taxes) et les revenus de revente prévisionnels. Cette simulation financière évalue la rentabilité potentielle et la marge brute, clarifiant les enjeux économiques de l’opération.
| Poste | Montant |
|---|---|
| Prix d’achat | 220 000 € |
| Droits de mutation (0,715 %) | 1 573 € |
| Frais notaire | 1 800 € |
| Travaux | 45 000 € |
| Frais financiers (crédit 15 mois) | 8 000 € |
| Frais de commercialisation | 6 000 € |
| Total investissement | 282 373 € |
| Prix de revente | 340 000 € |
| Marge brute | 57 627 € (20,4 %) |
| IS 15 % sur bénéfice | 8 644 € |
| Bénéfice net | 48 983 € |
Erreurs à éviter
Les erreurs des marchands de biens débutants sont souvent les mêmes : surestimation du prix de revente, sous-estimation des travaux, manque de trésorerie de sécurité et opérations trop complexes pour un début.
- Ne pas faire de diagnostic technique avant d’acheter (amiante, plomb, structure…).
- Surestimer le prix de vente (toujours vérifier les transactions récentes dans la zone).
- Ne pas avoir de matelas de trésorerie pour les imprévus.
- Commencer avec des opérations trop complexes (division, changement d’usage).
- Négliger les délais administratifs (permis de construire, autorisation de travaux).
FAQ – Marchand de biens
Faut-il une carte professionnelle pour ĂŞtre marchand de biens ?
Non. Contrairement à l’agent immobilier, le marchand de biens n’a pas besoin de carte professionnelle. Mais il doit exercer en déclarant son activité commerciale au greffe du tribunal de commerce et s’acquitter de toutes ses obligations fiscales et sociales.
Quelle différence entre marchand de biens et promoteur immobilier ?
Le promoteur immobilier construit des biens neufs et les vend sur plan (VEFA). Le marchand de biens achète et revend des biens existants, parfois en les rénovant. Le promoteur est soumis à des réglementations spécifiques (garantie financière d’achèvement, normes RT2020…).
Peut-on ĂŞtre marchand de biens Ă temps partiel ?
Oui, de nombreux marchands de biens débutent en activité secondaire tout en conservant un emploi salarié. Mais l’administration fiscale peut requalifier les opérations en activité professionnelle si elles sont répétées, indépendamment du temps consacré.
Combien d’opérations par an pour être considéré comme marchand de biens ?
Il n’y a pas de seuil légal précis. En pratique, 2-3 opérations sur quelques années peuvent suffire à une requalification si l’intention spéculative est évidente. Mieux vaut adopter le statut professionnel dès la première opération pour sécuriser sa situation.
Le marchand de biens peut-il louer ses biens avant de les vendre ?
Oui, mais avec précaution. Si la location est trop longue ou génère des revenus fonciers importants, l’administration peut requalifier l’opération en investissement locatif (perte du bénéfice des droits réduits). La location doit rester accessoire par rapport à l’objectif de revente.
Quel capital initial est nécessaire pour démarrer une activité de marchand de biens ?
Le capital initial nécessaire varie fortement selon l’ampleur des projets et le marché immobilier. Un apport personnel conséquent est souvent requis pour obtenir des financements bancaires, couvrant généralement 10% à 30% du coût total (acquisition, travaux, frais de notaire, taxes). Pour une première opération, il est conseillé de disposer d’au moins 50 000 à 100 000 euros d’apport pour un projet de taille modeste, ou de s’associer. Cette somme permet de démarrer sans une dépendance excessive au crédit.
Quels sont les principaux risques associés à l’activité de marchand de biens ?
Les risques sont multiples. Le risque de marché est prédominant : une baisse des prix de l’immobilier peut réduire la marge ou générer une perte. Il y a aussi le risque lié aux travaux (dépassement de budget, retards, malfaçons) et celui d’une mauvaise estimation du prix de revente. La vacance prolongée du bien avant la vente représente également un coût (intérêts d’emprunt, charges). Enfin, les évolutions réglementaires ou fiscales peuvent impacter la rentabilité des opérations.
Quels sont les principaux impĂ´ts et taxes auxquels est soumis un marchand de biens ?
Un marchand de biens est principalement soumis à l’impôt sur les sociétés (IS) si l’activité est exercée via une société commerciale (SAS, SARL), ou à l’impôt sur le revenu (IR) dans la catégorie des Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC) si en entreprise individuelle. Il doit aussi s’acquitter de la TVA sur la marge lors de la revente, des droits de mutation à titre onéreux (DMTO) lors de l’acquisition, de la taxe foncière, et de la Cotisation Foncière des Entreprises (CFE).
Comment un marchand de biens trouve-t-il ses biens à rénover et revendre ?
La recherche de biens est cruciale. Un marchand de biens utilise divers canaux : réseaux d’agences immobilières (off-market ou mandats exclusifs), notaires (ventes aux enchères, successions), bouche-à -oreille, prospection directe (boîtage, porte-à -porte), et plateformes en ligne spécialisées. Développer un solide réseau local avec des professionnels du secteur (agents, courtiers, artisans) est essentiel. L’objectif est de dénicher des biens avec un fort potentiel de plus-value, souvent nécessitant d’importants travaux.
Conclusion : le marchand de biens, un métier exigeant aux rendements exceptionnels
Devenir marchand de biens est une aventure entrepreneuriale exigeante mais potentiellement très lucrative. Audrey génère aujourd’hui un chiffre d’affaires de 2,5 millions d’euros grâce à une méthode rigoureuse, des partenaires de confiance et une connaissance parfaite de son marché local. Rachid, lui, a appris de ses erreurs et fait désormais partie des marchands de biens les plus performants de sa région. La clé : se former, commencer par des opérations simples, maîtriser ses finances et ne jamais improviser. Pour compléter votre stratégie immobilière, découvrez le crowdfunding immobilier comme source de financement complémentaire.
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