📌 En bref
- Le PEE peut transformer 1 000 € épargnés en 2 500 € grâce
Le Plan d’Épargne Entreprise (PEE) est un dispositif d’épargne collective qui permet aux salariés de se constituer un portefeuille de valeurs mobilières avec l’aide de leur employeur. Bloqué 5 ans mais exonéré d’impôt sur les plus-values, il représente l’un des outils d’épargne les plus rentables accessibles aux salariés français — sous réserve d’un abondement généreux de l’entreprise.
Le Plan d’Épargne Entreprise figure parmi les dispositifs d’épargne les plus méconnus et pourtant les plus puissants du droit français du travail. Chaque année, des millions de salariés laissent dormir des sommes considérables — participation, intéressement, abondement — faute de comprendre les rouages de ce mécanisme. À tort : bien utilisé, le PEE peut transformer 1 000 € épargnés en 2 000 € ou plus grâce au seul abondement de l’employeur.
Côme, 31 ans, ingénieur dans une entreprise de 500 salariés, ignorait jusqu’à récemment que son employeur abondait à 150 % ses versements volontaires, dans la limite de 1 000 €. En comprenant ce mécanisme, il a réalisé qu’investir 1 000 € sur son PEE revenait à en obtenir 2 500 € — soit un rendement instantané de 150 % avant toute performance des marchés. Cette opportunité, souvent inégalée, mérite qu’on s’y attarde sérieusement.
Ce guide complet vous détaille le fonctionnement du PEE, ses avantages fiscaux, ses règles de blocage, les cas de déblocage anticipé et les stratégies pour en tirer le maximum — que vous soyez salarié débutant ou cadre expérimenté.
Qu’est-ce que le Plan d’Épargne Entreprise ?
💡 Le conseil de la rédaction
Notre conseil le plus important avant tout investissement : rédigez noir sur blanc votre objectif, votre horizon de temps et le montant maximum que vous acceptez de perdre. Ce simple exercice vous évitera 90% des mauvaises décisions prises sous l’émotion. L’investissement discipliné bat toujours l’investissement brillant sur le long terme.
Ce dispositif d’épargne est un système collectif mis en place au sein d’une entreprise, permettant à ses salariés d’investir dans un portefeuille de valeurs mobilières avec le soutien financier de l’employeur. Créé par la loi du 27 décembre 1973, il constitue l’un des piliers de l’épargne salariale française aux côtés du PERCO et du PERECO.
Le PEE fonctionne selon un principe simple : le salarié verse des fonds (volontairement, ou en y affectant sa participation et son intéressement), et l’entreprise peut compléter ces versements par un abondement — une contribution financière supplémentaire exonérée de charges sociales et d’impôt sur le revenu. Les sommes sont ensuite investies dans des fonds (FCPE ou SICAV) et restent bloquées pendant 5 ans minimum, sauf cas de déblocage anticipé.
En France, plus de 5 millions de salariés bénéficient d’un PEE, selon la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (DARES). L’encours total dépasse 140 milliards d’euros, un chiffre qui illustre l’importance croissante de ce dispositif dans le patrimoine des ménages.
Qui peut ouvrir un PEE ?
Tout salarié d’une entreprise ayant mis en place un PEE peut y adhérer, sans condition d’ancienneté (une période de 3 mois maximum peut toutefois être exigée par l’accord d’entreprise). Cela inclut les salariés en CDI, CDD, contrat d’apprentissage ou de professionnalisation, ainsi que les dirigeants d’entreprises de 1 à 250 salariés.
Les chefs d’entreprise individuelle, les gérants majoritaires de SARL et les professions libérales peuvent également bénéficier d’un PEE si leur entreprise emploie au moins 1 salarié. Cette ouverture aux non-salariés est souvent méconnue : Lina, gérante d’une agence de communication de 8 personnes, a pu ainsi se constituer une épargne abondée tout en déduisant ses versements des charges sociales patronales.
En revanche, le PEE n’est pas accessible aux travailleurs indépendants sans salariés, ni aux fonctionnaires. Les entreprises sans effectif salarié (hors gérant) ne peuvent pas non plus l’instaurer.
La mise en place d’un PEE dans une entreprise requiert la conclusion d’un accord collectif selon les règles du droit du travail : soit un accord avec les délégués syndicaux, soit (en l’absence de délégués) un accord avec les représentants du personnel ou, dans les très petites structures, par ratification aux deux tiers des salariés. L’accord doit obligatoirement préciser les conditions d’affectation des sommes, le ou les organismes gestionnaires, les modalités de choix des fonds, et les règles d’abondement si l’entreprise en prévoit un. Il doit être déposé auprès de la DREETS (Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités) pour être valable.
Comment fonctionne le PEE : versements et abondement
Les sommes versées dans un PEE proviennent de plusieurs sources distinctes, chacune obéissant à des règles spécifiques. Comprendre ces mécanismes est essentiel pour optimiser son effort d’épargne et maximiser les avantages.
Les versements volontaires du salarié sont plafonnés à 25 % de sa rémunération annuelle brute. Un salarié gagnant 40 000 € peut donc verser jusqu’à 10 000 € par an. Ces versements ne sont pas déductibles de l’impôt sur le revenu, mais les plus-values réalisées seront exonérées d’IR lors du déblocage.
La participation et l’intéressement peuvent être versés directement sur le PEE. Si le salarié ne fait rien, la participation est automatiquement placée sur le PEE pendant 5 ans (sauf option pour le versement immédiat soumis à l’IR). L’intéressement, en revanche, doit faire l’objet d’un choix actif.
L’abondement de l’employeur constitue le véritable levier de performance du PEE. L’entreprise peut verser jusqu’à 300 % du versement du salarié, dans la limite annuelle de 3 519,36 € en 2025 (soit 8 fois le plafond mensuel de la Sécurité sociale). Cet abondement est exonéré de charges sociales patronales (hors forfait social de 20 % pour les entreprises de plus de 50 salariés) et d’impôt sur le revenu pour le salarié.
| Type de versement | Source | Plafond annuel | Fiscalité salarié |
|---|---|---|---|
| Versements volontaires | Salarié | 25 % rémunération brute | Non déductible IR / Plus-values exonérées IR |
| Participation | Entreprise / Salarié | 50 % du PASS (~23 226 €) | Exonérée IR si conservée 5 ans |
| Intéressement | Salarié (choix) | 75 % du PASS (~34 839 €) | Exonéré IR si conservée 5 ans |
| Abondement employeur | Entreprise | 300 % du versement, max 3 519,36 € | Exonéré IR / Soumis aux prélèvements sociaux |
Les placements disponibles dans le PEE
Les sommes versées dans un PEE sont investies dans des Fonds Communs de Placement d’Entreprise (FCPE) ou, plus rarement, dans des SICAV d’actionnariat salarié. Chaque PEE propose une gamme de fonds couvrant différents profils de risque, du plus prudent au plus dynamique.
La majorité des plans proposent :
- Un fonds monétaire (profil très prudent, rendement proche de 0 à 2 % selon les conditions de marché)
- Des fonds diversifiés équilibrés ou profilés (obligations + actions, rendement historique de 3 à 6 % annualisé)
- Des fonds actions, souvent indexés sur de grands indices (CAC 40, Euro Stoxx, monde)
- Un fonds d’actionnariat salarié investi en actions de l’employeur, souvent avec une décote de 20 %
La sélection des fonds mérite une attention particulière. Comme pour les ETF en compte-titres, les frais de gestion des FCPE varient fortement (de 0,3 % à 2 % par an) et impactent significativement la performance sur longue période. Privilégiez les fonds indiciels à frais réduits lorsque votre PEE en propose.
La fiscalité du PEE : exonérations et avantages
L’attrait fiscal du PEE est considérable et constitue l’un de ses atouts majeurs. Il agit à plusieurs niveaux, tant pour le salarié que pour l’entreprise.
Pour le salarié : les sommes issues de la participation et de l’intéressement investies sur le PEE sont exonérées d’impôt sur le revenu. Les plus-values réalisées pendant la durée de placement sont également exonérées d’IR — seuls les prélèvements sociaux (17,2 %) s’appliquent. Cela représente une économie substantielle par rapport à un compte-titres ordinaire soumis à la flat tax de 30 %.
Pour l’entreprise : l’abondement versé est déductible du résultat imposable. Il est également exonéré de charges sociales patronales pour les entreprises de moins de 50 salariés. Au-delà de ce seuil, un forfait social de 20 % s’applique — ce qui reste très avantageux comparé aux 45 % de charges habituelles sur les salaires.
Rayan, dirigeant d’une PME de 30 salariés, a calculé qu’en versant un abondement de 1 500 € par salarié, son entreprise économisait près de 40 % par rapport à l’équivalent en salaire brut, tout en offrant à ses collaborateurs un avantage net bien supérieur. Un levier de rémunération doublement gagnant.
Le régime fiscal du PEE présente une autre particularité avantageuse : le calcul des prélèvements sociaux sur les plus-values. Contrairement à l’assurance-vie ou au PEA, les prélèvements sociaux (CSG, CRDS) sont prélevés lors du retrait et non annuellement. Cette capitalisation des prélèvements évite un « frein fiscal » annuel sur la croissance des avoirs — un mécanisme similaire à celui du PEA qui permet à l’intégralité des plus-values de se capitaliser librement pendant la durée de blocage.
La comparaison avec un compte-titres ordinaire est parlante : sur ce dernier, les dividendes et plus-values sont soumis à la flat tax de 30 % (ou au barème progressif sur option), réduisant d’autant la base de réinvestissement. Sur le PEE, rien n’est prélevé avant le retrait, ce qui génère un effet de capitalisation significatif sur longue période — l’un des secrets de la performance du dispositif que les mathématiques financières désignent comme « l’effet d’intérêt composé sur assiette non érodée ».
La règle des 5 ans : blocage et horizons
Le principal inconvénient du PEE est la durée de blocage minimale de 5 ans. Les sommes versées ne peuvent être retirées qu’après ce délai, à compter de chaque versement (et non de la date d’ouverture du plan). Un versement effectué en mars 2025 sera déblocable à partir de mars 2030.
Cette contrainte est toutefois tempérée par deux facteurs importants. D’une part, une épargne de précaution constituée par ailleurs vous permet de faire face aux imprévus sans toucher au PEE. D’autre part, il existe 10 cas de déblocage anticipé permettant de récupérer ses fonds sans pénalité fiscale, que nous détaillons ci-dessous.
La règle des 5 ans favorise une discipline d’épargne à long terme qui s’avère souvent bénéfique : les investisseurs contraints de conserver leurs placements plusieurs années évitent les comportements de panique lors des corrections de marché. Pour les adeptes de l’investissement progressif, le PEE fonctionne naturellement comme un mécanisme de DCA automatisé.
Les 10 cas de déblocage anticipé du PEE
La loi prévoit des cas exceptionnels permettant de débloquer son PEE avant l’expiration du délai de 5 ans, sans perdre les avantages fiscaux acquis. Ces cas sont limitativement énumérés et doivent être justifiés par des pièces documentaires.
| Cas de déblocage | Délai pour demander | Justificatif requis |
|---|---|---|
| Mariage ou PACS du bénéficiaire | 6 mois suivant l’événement | Copie livret de famille ou certificat de PACS |
| Naissance ou adoption du 3e enfant | 6 mois suivant l’événement | Copie livret de famille |
| Divorce, séparation ou dissolution de PACS | 6 mois suivant l’événement | Jugement de divorce / Déclaration de dissolution |
| Invalidité (salarié, conjoint ou enfant) | Pas de délai précis | Carte d’invalidité 2e ou 3e catégorie |
| Décès du salarié, conjoint ou partenaire | 6 mois suivant le décès | Acte de décès |
| Cessation du contrat de travail | 6 mois suivant la fin du contrat | Certificat de travail / attestation Pôle Emploi |
| Création ou reprise d’entreprise | 6 mois suivant l’événement | Extrait Kbis / attestation URSSAF |
| Acquisition de la résidence principale | 6 mois suivant la promesse de vente | Compromis / promesse de vente |
| Remise en état de la résidence principale suite à catastrophe | 6 mois après l’arrêté de catastrophe | Attestation d’assurance / arrêté préfectoral |
| Surendettement du salarié | Sur décision de la commission | Lettre de la commission de surendettement |
Chaque cas doit faire l’objet d’une demande formelle auprès du gestionnaire du PEE (souvent un organisme financier comme Amundi, BNP Paribas Épargne Salariale, etc.) dans le délai imparti. Une demande hors délai entraîne la perte du bénéfice du déblocage exceptionnel.
PEE vs PEI vs PERCO : les différences clés
L’épargne salariale se décline en plusieurs dispositifs complémentaires. Comprendre leurs différences permet d’optimiser leur utilisation selon ses objectifs — préparation de la retraite, constitution d’un apport immobilier ou épargne de moyen terme.
| Critère | PEE | PEI (Plan d’Épargne Interentreprises) | PERCO/PERECO |
|---|---|---|---|
| Durée de blocage | 5 ans minimum | 5 ans minimum | Jusqu’à la retraite |
| Sortie possible en capital | Oui | Oui | Oui (ou rente) |
| Sortie en rente | Non | Non | Oui |
| Abondement employeur | Oui (max 300 %) | Oui (max 300 %) | Oui (max 300 %, limite doublée) |
| Déductible de l’IR (versements volontaires) | Non | Non | Oui (dans limite PER global) |
| Accessibilité | Entreprise (toute taille) | Branches professionnelles / Groupes | Entreprise (toute taille) |
| Gestion pilotée | Non (par défaut) | Non (par défaut) | Oui (par défaut) |
Le PERCO (remplacé progressivement par le PERECO depuis la loi PACTE de 2019) bénéficie d’un régime encore plus avantageux pour la retraite : les versements volontaires sont déductibles du revenu imposable, dans les mêmes limites que le Plan d’Épargne Retraite individuel (PER). Pour un salarié fortement imposé, la combinaison PEE + PERECO constitue une stratégie d’épargne optimale.
PEE, participation et intéressement
Le PEE est intrinsèquement lié aux mécanismes de partage des bénéfices de l’entreprise. La participation est obligatoire dans les entreprises de plus de 50 salariés dégageant des bénéfices suffisants ; l’intéressement est facultatif et repose sur un accord d’entreprise lié à des objectifs de performance.
En l’absence d’accord d’entreprise spécifique, la participation est automatiquement versée sur le PEE (ou le PERCO s’il existe). Le salarié dispose d’un délai de 15 jours après notification pour choisir une autre option : percevoir la somme immédiatement (soumis à l’IR) ou l’affecter à un autre support d’épargne. Sans choix exprimé, le versement sur le PEE s’impose — une règle souvent méconnue qui a pour effet de placer sans action de nombreux salariés.
L’intéressement, lui, n’est pas bloqué par défaut : le salarié qui ne fait rien le perçoit en espèces dans les 5 mois suivant la clôture de l’exercice. Mais il a toujours la possibilité de l’affecter volontairement au PEE pour bénéficier de l’exonération fiscale et, le cas échéant, de l’abondement.
Comment maximiser son PEE en pratique
Tirer le meilleur parti de son PEE demande une stratégie réfléchie. Voici les leviers concrets à activer pour optimiser ce dispositif.
1. Maximiser l’abondement en premier. Avant tout investissement sur d’autres enveloppes (PEA, assurance-vie), versez le montant nécessaire pour obtenir l’abondement maximum de votre employeur. Si votre accord prévoit un abondement de 150 % sur vos 1 000 premiers euros, ce placement vous rapporte 1 500 € nets sans prendre aucun risque de marché — un rendement imbattable.
2. Affecter systématiquement participation et intéressement. Ces sommes sont exonérées d’IR si versées sur le PEE. Pour un salarié dans la tranche marginale à 30 %, percevoir 5 000 € d’intéressement directement lui coûte 1 500 € d’impôt ; les placer sur le PEE lui permet d’économiser cette somme tout en la faisant fructifier.
3. Choisir les bons fonds. Optez pour des fonds actions diversifiés à frais réduits pour les versements que vous n’anticipez pas avoir besoin avant l’échéance des 5 ans. Réservez les fonds monétaires ou obligataires aux sommes dont vous pourriez avoir besoin rapidement via un cas de déblocage.
4. Planifier autour des cas de déblocage. Si vous prévoyez un achat immobilier dans 3 ans, vous pouvez commencer à constituer un apport sur votre PEE maintenant : les sommes seront débloquables au titre de l’acquisition de la résidence principale. Cela revient à constituer un apport avec l’aide de l’abondement.
Pour aller plus loin dans votre stratégie d’épargne globale, consultez notre guide sur où placer son argent en 2026 qui positionne le PEE dans une allocation patrimoniale cohérente.
PEE et départ de l’entreprise
La question du sort du PEE lors d’un départ de l’entreprise est cruciale. Plusieurs scenarios sont possibles selon la situation.
En cas de départ volontaire, licenciement, retraite ou démission, l’entreprise remet au salarié un état récapitulatif de son PEE. Le salarié peut alors choisir de :
- Laisser les avoirs en place jusqu’à l’expiration du délai de 5 ans (il ne peut plus effectuer de nouveaux versements, mais les fonds continuent de fructifier)
- Débloquer les fonds immédiatement au titre de la cessation du contrat de travail (cas de déblocage anticipé) — sans perdre les avantages fiscaux
- Transférer vers le PEE de son nouvel employeur si celui-ci l’accepte — ce transfert n’est pas imposable et préserve l’antériorité fiscale
Le transfert inter-entreprises est souvent la meilleure option pour les salariés en mobilité professionnelle : il préserve les avantages accumulés tout en restant dans le cadre de l’épargne salariale. Pour une stratégie d’épargne retraite cohérente, il est recommandé de ne pas débloquer le PEE si la situation financière ne l’impose pas.
Après la retraite, les sommes peuvent être retirées librement (le délai de 5 ans étant généralement écoulé) ou conservées indéfiniment — seuls les prélèvements sociaux (17,2 %) seront dus sur les plus-values lors du retrait.
Questions fréquentes sur le PEE
Le PEE est-il obligatoire dans toutes les entreprises ?
Non. Seule la participation est obligatoire dans les entreprises de plus de 50 salariés dégageant un résultat fiscal suffisant. Le PEE, lui, est facultatif pour l’entreprise. Cependant, s’il est mis en place, tout salarié remplissant les conditions d’ancienneté peut y adhérer.
Peut-on retirer son argent du PEE avant 5 ans ?
Oui, mais uniquement dans les 10 cas légaux de déblocage anticipé (mariage, naissance du 3e enfant, acquisition de la résidence principale, perte d’emploi, etc.). En dehors de ces cas, le retrait n’est pas possible sans perdre les avantages fiscaux liés à la durée de détention.
Que se passe-t-il si mon entreprise fait faillite ?
Les avoirs du PEE sont ségrégués des actifs de l’entreprise : ils sont détenus par un organisme gestionnaire indépendant (banque, compagnie d’assurance) et ne peuvent pas être saisis par les créanciers de l’employeur. En cas de liquidation, le salarié bénéficie d’un cas de déblocage anticipé (cessation d’activité) pour récupérer ses fonds.
L’abondement de l’employeur est-il imposable ?
Non, l’abondement de l’employeur est exonéré d’impôt sur le revenu pour le salarié, dans la limite du plafond légal (3 519,36 € en 2025). En revanche, il est soumis aux prélèvements sociaux (CSG/CRDS à 9,7 %) au moment du versement.
Puis-je avoir un PEE si je suis à mi-temps ?
Oui, sans restriction liée à la durée du travail. Le salarié à temps partiel peut adhérer au PEE de son entreprise dans les mêmes conditions qu’un temps plein. Le plafond de versement (25 % de la rémunération annuelle) s’adapte proportionnellement à sa rémunération effective.
Comment choisir les fonds dans mon PEE ?
Commencez par identifier votre horizon de placement réel (5 ans minimum, potentiellement plus). Pour un horizon long, privilégiez les fonds actions diversifiés à faibles frais de gestion (moins de 1 % par an). Évitez de concentrer plus de 10-15 % dans le fonds d’actionnariat salarié pour limiter le risque de double peine en cas de difficultés de votre employeur.
Que devient mon PEE si je change d’employeur ?
Vous pouvez laisser vos avoirs en place jusqu’à leur date de disponibilité, les débloquer au titre de la cessation du contrat de travail, ou les transférer vers le PEE de votre nouvel employeur si ce dernier l’accepte. Le transfert est exonéré d’impôt et de prélèvements sociaux.
Le PEE est-il cumulable avec un PEA ?
Oui, totalement. Le PEA et le PEE sont deux enveloppes fiscales distinctes et complémentaires. Le PEE doit être prioritaire si votre employeur offre un abondement généreux ; le PEA prend le relais pour les investissements complémentaires en actions européennes. Les deux peuvent coexister sans plafond commun.
L’intéressement placé sur le PEE est-il vraiment exonéré d’impôt ?
Oui, à condition de le placer dans les 15 jours suivant sa mise à disposition et de ne pas le retirer avant 5 ans. Dans ce cas, il échappe entièrement à l’impôt sur le revenu. Seuls les prélèvements sociaux (17,2 %) s’appliqueront sur les plus-values lors du retrait. Si vous le percevez directement, il est imposable à votre taux marginal — une différence pouvant atteindre 45 %.
Mon employeur peut-il supprimer l’abondement du PEE ?
Oui, l’abondement n’est jamais acquis définitivement : l’entreprise peut le modifier ou le supprimer lors du renouvellement de l’accord d’entreprise. En revanche, les abondements déjà versés restent acquis et les versements effectués continuent de bénéficier des avantages fiscaux liés à la durée de détention. Il est donc prudent de ne pas baser toute sa stratégie d’épargne sur la pérennité de l’abondement.
Il est également possible de convertir ses avoirs en rente viagère lors du déblocage en fin de carrière, bien que cette option reste peu utilisée en pratique. La plupart des bénéficiaires optent pour un rachat en capital, plus flexible. Dans tous les cas, il est fortement recommandé de consulter un conseiller fiscal pour optimiser la séquence et le calendrier des retraits, surtout si les montants accumulés sont significatifs — au-delà de 50 000 €, l’impact de la planification fiscale peut représenter plusieurs milliers d’euros d’économies.
Notons enfin que les avoirs du PEE n’entrent pas dans l’assiette de l’ISF (supprimé en 2018) ni de l’IFI (Impôt sur la Fortune Immobilière), ce dernier ne taxant que les actifs immobiliers. Ils ne sont pas non plus pris en compte dans les plafonds d’autres enveloppes fiscales (assurance-vie, PEA, PER). Cette invisibilité fiscale en fait un instrument de diversification patrimoniale idéal pour les hauts patrimoines souhaitant limiter leur exposition à l’IFI tout en maintenant un portefeuille financier performant.
Conclusion : le PEE, un outil d’épargne à ne pas négliger
Le Plan d’Épargne Entreprise demeure l’un des dispositifs d’épargne les plus avantageux accessibles aux salariés français — à condition de le comprendre et de l’utiliser activement. L’abondement de l’employeur, quand il est généreux, constitue un rendement garanti et immédiat que nulle autre enveloppe d’investissement ne peut égaler. L’exonération d’impôt sur le revenu des sommes placées et des plus-values réalisées en fait un complément idéal à l’assurance-vie et au PEA dans une stratégie patrimoniale globale.
Pour maximiser vos avantages, vérifiez dès aujourd’hui les conditions de votre accord d’entreprise, commencez par placer le minimum nécessaire pour déclencher l’abondement maximum, et orientez vos investissements vers des fonds actions diversifiés adaptés à votre horizon de 5 ans ou plus. Si vous automatisez vos versements, vous éliminez le risque de procrastination qui prive beaucoup de salariés de cet avantage précieux.
Comme le rappelle Jean-Pierre Corbel, directeur de la gestion chez un grand acteur de l’épargne salariale : « Le PEE est souvent la meilleure offre d’épargne qu’un salarié recevra dans sa vie professionnelle — mais encore faut-il la saisir. » Une invitation à l’action que nous partageons pleinement.
Vous souhaitez optimiser votre stratégie d’épargne et comprendre comment le PEE s’intègre dans votre patrimoine global ? Consultez notre guide complet sur où placer son argent en 2026 pour une vision d’ensemble par profil d’investisseur.
Les informations présentées dans cet article sur le Plan d’Épargne Entreprise (PEE) ont une valeur pédagogique générale et ne constituent pas un conseil financier personnalisé. Les règles fiscales et les plafonds mentionnés peuvent évoluer à chaque loi de finances. Avant toute décision financière importante, nous vous recommandons de consulter un conseiller en gestion de patrimoine (CGP) agréé AMF.
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