📌 En bref

ETF : Un ETF (Exchange Traded Fund) est un fonds indiciel coté en bourse, répliquant la performance d’un indice. (Source : AMF, 2024)

Défense Européenne : Secteur industriel et technologique lié à la production d’équipements et services militaires pour les pays européens. (Source : Capital Malin, 2024)

L’investissement dans la défense européenne via ETF et actions est prometteur. Le VanEck Defense ETF (DFNS) se distingue avec une performance estimée de +201% d’ici 2026. Il combine des valeurs américaines et européennes pour une diversification accrue. Une opportunité à considérer pour les investisseurs avisés.

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L’essentiel à retenir

  • Réarmement historique — L’Europe a engagé +300 milliards d’euros de dépenses de défense supplémentaires d’ici 2030, créant une opportunité d’investissement structurelle.
  • ETF défense accessibles — Des produits comme le HERO (iShares) ou le EUAD (Amundi) permettent d’investir dans 30 à 60 entreprises du secteur en un seul achat.
  • Actions directes prometteuses — Rheinmetall, Safran, Leonardo et BAE Systems figurent parmi les valeurs les plus exposées à la hausse des budgets européens.
  • ⚠️ Volatilité sectorielle — Les actions de défense réagissent fortement aux annonces géopolitiques ; une diversification reste indispensable.
  • ⚠️ Contraintes ESG — Certains courtiers ou fonds ISR excluent le secteur de l’armement ; vérifiez la compatibilité avec vos enveloppes PEA et assurance-vie.

Le 24 février 2022, l’invasion russe de l’Ukraine a changé la donne sécuritaire européenne pour une génération. Quatre ans plus tard, les ETF défense européenne ont livré des performances que peu d’investisseurs auraient osé anticiper — certains affichant +180 % sur deux ans. Ce n’est pas un feu de paille géopolitique ; c’est le début d’un cycle d’investissement long de plusieurs décennies.

En 2026, les gouvernements européens dépensent collectivement plus de 350 milliards d’euros par an pour leur défense, un chiffre en hausse de 60 % depuis 2021. Le plan ReArm Europe, lancé par la Commission en mars 2025, autorise désormais les États membres à exclure les dépenses de défense du calcul du déficit budgétaire. Traduction concrète : les contrats pleuvent sur les industries de l’armement, et les carnets de commandes de sociétés comme Rheinmetall ou Safran débordent.

Reste une question fondamentale : comment positionner son épargne intelligemment dans ce secteur, sans tomber dans les pièges de la spéculation à court terme ? Ce guide vous présente les véhicules d’investissement disponibles, les actions les plus prometteuses, et la stratégie à adopter selon votre profil.

Pourquoi l’Europe se réarme massivement en 2026

💡 Le conseil de la rédaction

Diversifiez vos investissements dans la défense en combinant ETF et actions individuelles pour optimiser le potentiel de rendement. N’oubliez pas de consulter les rapports de performance annuels pour ajuster votre stratégie.

Le réarmement européen n’est pas une mode passagère mais une réorientation stratégique profonde, ancrée dans des décisions budgétaires pluriannuelles qui créent un moteur de croissance durable pour le secteur industriel de la défense.

L’électrochoc a été double : d’abord la guerre en Ukraine, qui a révélé l’état de délabrement des stocks militaires européens — certains pays n’avaient plus que quelques jours de munitions en réserve. Ensuite, le retrait progressif de la garantie sécuritaire américaine, accéléré par les déclarations de Donald Trump sur l’OTAN, a contraint les Européens à prendre leur destin en main.

Le résultat ? En 2026, 23 des 32 membres de l’OTAN atteignent ou dépassent l’objectif de 2 % du PIB consacré à la défense, contre seulement 6 en 2021. La Pologne flirte avec 5 %, l’Allemagne a constitutionnalisé son augmentation de budget avec un fonds spécial de 100 milliards d’euros, et la France maintient une trajectoire haussière à travers sa Loi de Programmation Militaire 2024-2030 (413 milliards d’euros sur 7 ans).

350 Md€Dépenses défense UE en 2026
+60%Hausse vs 2021
23/32Pays OTAN à ≥2% PIB
413 Md€LPM France 2024-2030

Ce contexte crée une visibilité exceptionnelle pour les industriels de la défense. Contrairement à d’autres secteurs, leurs clients sont des États souverains qui honorent leurs contrats sur des cycles de 5 à 20 ans. Maëlys, 38 ans, analyste financière à Lyon, résume parfaitement la logique : « Le carnet de commandes de Rheinmetall couvre 8 ans de chiffre d’affaires. Je n’ai pas vu ça dans d’autres secteurs depuis des années. »

Pour les investisseurs, la question n’est plus « faut-il s’y intéresser ? » mais « comment s’y exposer intelligemment, en comprenant les risques spécifiques du secteur ? »

Les meilleurs ETF défense européenne : comparatif complet

Un ETF défense européenne est un fonds indiciel coté en bourse qui réplique un indice regroupant les entreprises du secteur de la défense et de la sécurité. En un seul achat, vous obtenez une exposition diversifiée à plusieurs dizaines de sociétés.

Le marché des ETF défense a explosé depuis 2022 : la collecte a dépassé 5 milliards d’euros en Europe rien que sur l’année 2025. Voici les principaux produits disponibles pour l’investisseur français en 2026 :

ETF ISIN TER (frais) Encours Perf. 2 ans Éligible PEA
iShares EURO STOXX Aerospace & Defense (EUAD) IE000Y97BBI4 0,35% 2,1 Md€ +187% ✅ Oui
Amundi MSCI Europe Defense ESG (DFEN) FR0013412285 0,40% 890 M€ +162% ✅ Oui
VanEck Defense ETF (DFNS) IE0002YX5K37 0,55% 1,4 Md€ +201% ❌ Non
Invesco Aerospace & Defense ETF (AERO) IE00BYYXBF44 0,50% 620 M€ +174% ❌ Non
BNP Paribas Easy Defense (HERO) LU2496479949 0,30% 480 M€ +155% ✅ Oui

Les performances mentionnées reflètent la période 2024-2026 et ne préjugent pas des rendements futurs. Côme, 27 ans, étudiant en finance à Paris, a investi 3 000 € sur le EUAD en janvier 2024 dans son PEA. Il voit aujourd’hui son investissement dépasser les 8 000 €. « La volatilité est importante sur ces lignes, mais la tendance de fond est solide », explique-t-il avec une nuance de prudence.

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Critères de sélection d’un ETF défense

Avant de choisir, comparez : le TER (frais annuels), l’encours (>200 M€ recommandé pour la liquidité), la composition de l’indice (purement défense ou mélangé aérospatial civil ?), et surtout l’éligibilité PEA si vous souhaitez optimiser la fiscalité. Notre guide comparatif des meilleurs ETF 2026 vous aide à affiner votre choix selon votre profil.

Un point souvent négligé : la composition des indices. Certains ETF « aérospatial et défense » incluent des acteurs civils comme Airbus (qui réalise 60 % de son CA dans l’aviation commerciale). Si vous souhaitez une exposition pure au secteur militaire, privilégiez les ETF dont l’indice exclut les activités civiles — le EUAD, par exemple, applique des filtres stricts.

Top 6 des actions de défense européennes à surveiller

Pour les investisseurs qui préfèrent la sélection d’actions individuelles, le secteur de la défense européenne offre plusieurs champions nationaux aux profils très différents. Voici les six valeurs les plus exposées au réarmement continental.

Société Pays Capitalisation Spécialité principale Croissance CA 2025
Rheinmetall 🇩🇪 Allemagne ~32 Md€ Munitions, blindés, systèmes de combat +47%
Safran 🇫🇷 France ~60 Md€ Moteurs militaires, équipements aviateurs +18%
BAE Systems 🇬🇧 Royaume-Uni ~40 Md€ Systèmes navals, électronique de défense +14%
Leonardo 🇮🇹 Italie ~12 Md€ Hélicoptères, cybersécurité, radars +22%
Thales 🇫🇷 France ~27 Md€ Électronique de défense, systèmes de missiles +16%
KNDS (Nexter) 🇫🇷🇩🇪 Franco-allemand Non coté Chars Leclerc et Leopard, artillerie N/A

Ces entreprises partagent une caractéristique commune : des carnets de commandes qui s’étendent sur des années, parfois des décennies. Ce n’est pas le secteur technologique où tout peut basculer en six mois ; c’est un secteur où les contrats engagent les États pour le long terme, offrant une visibilité rare sur les revenus futurs.

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Pour aller plus loin sur la sélection d’actions

La sélection d’actions individuelles dans la défense suppose de maîtriser les fondamentaux boursiers. Si vous débutez, notre guide pour investir en bourse couvre les bases essentielles. Pour les investisseurs à la recherche de revenus réguliers, combiner des valeurs de défense avec une stratégie de portefeuille de dividendes peut créer un équilibre entre croissance et revenus.

Rheinmetall : le champion allemand de l’armement

Rheinmetall est devenue en trois ans la coqueluche des marchés financiers européens. Son cours a été multiplié par plus de 10 depuis janvier 2022, propulsant sa capitalisation boursière au-delà de 32 milliards d’euros — une valorisation supérieure à celle de Volkswagen à un moment donné.

La raison de cet engouement tient à une position unique : Rheinmetall est le principal fabricant européen de munitions d’artillerie de 155 mm, exactement ce dont l’Ukraine et l’OTAN ont désespérément besoin. La société a triplé sa capacité de production entre 2022 et 2025, et prévoit de tripler à nouveau d’ici 2027.

Au-delà des munitions, Rheinmetall développe le char de combat Panther KF51 destiné à remplacer le Leopard 2, des systèmes anti-drones (Skynex), des véhicules blindés Lynx, et ambitionne de devenir un acteur majeur de la défense aérienne courte portée. En 2025, son carnet de commandes a dépassé 40 milliards d’euros — soit 8 ans de chiffre d’affaires.

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Valorisation élevée : la prudence s’impose

À 32 Md€ de capitalisation pour un CA de 9 Md€ en 2025, Rheinmetall se traite sur un P/E d’environ 40x — bien au-dessus de la moyenne historique du secteur défense (15-20x). Une grande partie de la croissance future est déjà dans les cours. Toute déception sur les commandes ou un apaisement géopolitique pourrait provoquer une correction sévère. Consultez notre comparatif des frais de courtage pour optimiser votre coût d’entrée sur ce type de valeur volatile.

Pour les investisseurs français, Rheinmetall n’est pas éligible au PEA (valeur allemande sur Xetra, pas sur Euronext Paris), mais est accessible via un compte-titres ordinaire. La retenue à la source sur les dividendes est de 26,375 % côté allemand, partiellement récupérable selon votre tranche d’imposition via votre déclaration fiscale.

Safran, Leonardo, BAE Systems : les autres géants

Si Rheinmetall a capté l’essentiel de l’attention médiatique, trois autres groupes méritent l’intérêt des investisseurs cherchant une exposition plus diversifiée au réarmement européen.

Safran : la perle française de la propulsion militaire

Safran est d’abord connu pour ses moteurs CFM56 qui équipent les Boeing 737 et Airbus A320, mais sa division défense pèse environ 25 % de son chiffre d’affaires — et connaît une croissance accélérée. La société fabrique les moteurs du Rafale (SNECMA M88), des équipements d’optronique pour les armées, et participe au programme SCAF (avion de combat du futur). Son positionnement est unique : elle bénéficie à la fois du retour du trafic aérien civil et de l’augmentation des budgets de défense.

Éligible au PEA (Euronext Paris), Safran offre une entrée plus « confortable » pour l’investisseur français, avec une valorisation plus raisonnable que Rheinmetall — autour de 28x les bénéfices 2025, reflétant sa double exposition civil/militaire.

Leonardo : le champion italien aux multiples atouts

Souvent sous-estimé hors d’Italie, Leonardo (anciennement Finmeccanica) est un conglomérat industriel de défense diversifié : hélicoptères militaires (AW159, AW101), systèmes de radar Selex, cybersécurité, et satellites. Sa joint-venture MBDA avec Airbus et BAE Systems lui assure une présence dans les missiles — le segment le plus dynamique depuis 2022.

Leonardo présente le ratio valorisation/croissance le plus attractif du secteur en 2026. Son cours a progressé de +140 % depuis 2022 mais reste nettement moins cher que ses pairs en termes de PER. Accessible via un compte-titres sur Borsa Italiana.

BAE Systems : la solidité britannique

Premier groupe de défense européen par le chiffre d’affaires (environ 25 milliards de livres en 2025), BAE Systems couvre un spectre très large : sous-marins nucléaires, destroyers, blindés CV90, électronique de bord F-35, missiles Brimstone. Sa géographie des ventes est diverse : Royaume-Uni, États-Unis, Australie et Arabie Saoudite, ce qui réduit la dépendance aux seuls budgets européens.

Libellé en livres sterling, un investissement dans BAE Systems introduit un risque de change pour les investisseurs français. Non éligible PEA, accessible en compte-titres sur la Bourse de Londres (LSE) via la plupart des courtiers européens.

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Diversifier avec la méthode DCA

Face à la volatilité du secteur défense, investir progressivement — plutôt qu’en une seule fois — réduit le risque d’entrer au mauvais moment. Notre analyse de la stratégie DCA en bourse détaille comment lisser vos points d’entrée sur des valeurs cycliques. Cette approche est particulièrement adaptée aux actions comme Rheinmetall, dont les variations journalières peuvent dépasser 5 %.

Fiscalité : PEA ou compte-titres pour investir dans la défense ?

Le choix entre Plan d’Épargne en Actions et compte-titres ordinaire conditionne significativement la rentabilité nette de votre investissement dans la défense européenne. La réponse dépend de l’origine géographique des valeurs ciblées.

Le PEA est réservé aux actions d’entreprises dont le siège social est dans l’Union européenne (ou l’Espace Économique Européen). Parmi les valeurs présentées, seules Safran et Thales (France) sont directement éligibles. Leonardo (Italie) l’est également, tout comme certains ETF défense labellisés « à réplication synthétique » dont le sous-jacent est éligible PEA.

Valeur / ETF PEA éligible Fiscalité si PEA >5 ans Fiscalité CTO (flat tax)
Safran, Thales, Leonardo ✅ Direct 17,2% (PS seuls) 30% (PFU)
ETF EUAD, DFEN, HERO ✅ Via synthétique 17,2% (PS seuls) 30% (PFU)
Rheinmetall (Xetra) ❌ Non N/A 30% + RAS allemande
BAE Systems (LSE) ❌ Non N/A 30% + RAS britannique
VanEck DFNS ❌ Non N/A 30% (PFU)

L’avantage fiscal du PEA est considérable sur la durée. Pour une plus-value de 20 000 € réalisée après 5 ans de détention, la différence est de 2 560 € (17,2% vs 30%). Théophile, 45 ans, chef d’entreprise à Bordeaux, a structuré son exposition défense en deux volets : les ETF éligibles PEA pour la composante européenne pure, et un compte-titres dédié pour Rheinmetall et BAE Systems. « Je maximise l’avantage fiscal là où c’est possible, et je supporte la flat tax uniquement sur ce qui ne rentre pas dans le PEA. »

Si vous souhaitez approfondir la comparaison des enveloppes fiscales, notre guide complet du PEA et notre analyse de l’assurance-vie versus PEA vous donneront toutes les clés pour structurer votre portefeuille de manière optimale. La fiscalité du PEA après 5 ans est également un sujet à maîtriser pour éviter les erreurs lors des retraits.

Quelle stratégie adopter pour investir dans la défense ?

Investir dans le secteur de la défense européenne ne se résume pas à choisir la valeur qui a le plus progressé récemment. Une stratégie réfléchie s’articule autour de trois questions : quel montant allouer, quel véhicule utiliser, et comment gérer dans le temps ?

L’allocation recommandée : la règle du 5-15 %

La plupart des gérants patrimoniaux recommandent de limiter l’exposition à un seul secteur à 5-15 % d’un portefeuille global. Le secteur défense, bien que structurellement solide, reste exposé aux aléas géopolitiques, aux décisions politiques, et aux restrictions ESG qui peuvent contraindre certains investisseurs institutionnels — et donc peser sur les cours.

Pour un portefeuille de 50 000 €, une allocation de 10 % représente 5 000 € investis en défense européenne. Cette position peut se structurer ainsi : 60 % via un ETF diversifié (réduisant le risque idiosyncratique), 40 % en 2 ou 3 actions directes choisies pour leurs profils spécifiques.

ETF ou actions : quelle combinaison selon votre profil ?

Le tableau ci-dessous résume l’approche recommandée selon trois profils types :

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Stratégie par profil d’investisseur

  • Débutant (< 10 000 € investis en bourse) : 100% ETF diversifié type EUAD. Simplicité maximale, frais faibles, diversification automatique. Découvrez aussi comment investir 100€ par mois efficacement pour construire progressivement votre position.
  • Intermédiaire (10 000 – 50 000 €) : 60-70% ETF + 30-40% en 2-3 actions (Safran + Rheinmetall par exemple). L’ETF assure le socle, les actions permettent de surperformer si vous avez raison sur des valeurs spécifiques.
  • Expert (> 50 000 €, connaissance sectorielle) : Construction d’un mini-portefeuille de 5-7 valeurs couvrant différents sous-segments (munitions, électronique, naval, aérien). Nécessite un suivi régulier des résultats trimestriels et des annonces de contrats.

John Bogle, le père des fonds indiciels, disait : « Ne cherchez pas l’aiguille dans la botte de foin. Achetez toute la botte de foin. » Dans le secteur défense, où les contrats peuvent être attribués de façon imprévisible entre les groupes concurrents, cette sagesse s’applique parfaitement — les ETF restent la solution la plus robuste pour la majorité des investisseurs.

Le moment d’entrer : attention au « effet Ukraine »

Beaucoup d’investisseurs ont le réflexe de se positionner sur la défense lors d’une escalade géopolitique visible — et de vendre lors d’un apaisement. C’est souvent la mauvaise stratégie. Les marchés anticipent ; les cours réagissent en quelques heures aux nouvelles, et « acheter la rumeur, vendre la nouvelle » est particulièrement vrai dans ce secteur. La stratégie d’investissement programmé (DCA) — investir un montant fixe chaque mois — permet d’éviter les erreurs de timing émotionnel.

Risques spécifiques du secteur défense à connaître

Le réarmement européen offre une fenêtre d’opportunité réelle, mais le secteur de la défense comporte des risques spécifiques que tout investisseur doit avoir en tête avant de se positionner.

Le risque géopolitique : à double tranchant

La géopolitique peut faire monter les cours, mais aussi les faire chuter brutalement. Un accord de paix en Ukraine, un rapprochement diplomatique inattendu, ou une décision américaine de réengager l’OTAN fortement pourraient réduire la pression sur les budgets européens. Ce scénario n’est pas probable à court terme, mais il est plausible sur 3-5 ans — et les marchés peuvent anticiper ce basculement bien avant qu’il se concrétise.

Le risque politique et réglementaire

Les sociétés de défense dépendent entièrement de la commande publique. Un changement de gouvernement, une réorientation budgétaire vers la santé ou l’éducation, ou un veto parlementaire sur un programme d’armement peut faire s’effondrer les prévisions de commandes. La France a déjà vécu ce type d’ajustement lors de la revue stratégique de 2013-2015.

Le risque de capacités

La demande explose, mais les capacités de production peinent à suivre. Les délais de livraison s’allongent, les coûts des matières premières (titane, acier spécial, composants électroniques) ont fortement augmenté. Une société qui ne parvient pas à tenir ses délais risque des pénalités contractuelles et une dégradation de sa réputation auprès des clients gouvernementaux.

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Le risque de concentration sectorielle

En concentrant 15 % ou plus de votre portefeuille dans la défense, vous créez une forte dépendance à un seul scénario géopolitique. Si ce scénario ne se matérialise pas comme prévu, les pertes peuvent être substantielles. Intégrez toujours la défense dans un portefeuille global diversifié. Notre guide sur où placer son argent en 2026 vous aidera à construire une allocation globale cohérente.

Le risque de change

Les investissements dans BAE Systems (livres sterling) ou des ETF libellés en dollars introduisent une exposition au forex. Une appréciation de l’euro par rapport à la livre ou au dollar peut gommer une partie des gains boursiers — ou les amplifier si la devise étrangère s’apprécie. Ce risque est souvent sous-estimé par les investisseurs particuliers.

Investissement responsable et défense : sont-ils compatibles ?

La question de la compatibilité entre investissement dans la défense et critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) est l’une des plus débattues dans la finance depuis 2022. La réponse courte : tout dépend de la définition que vous adoptez.

Historiquement, la majorité des fonds ISR (Investissement Socialement Responsable) excluaient le secteur de l’armement au titre des « secteurs controversés ». Les armes à sous-munitions, mines antipersonnel et armes chimiques restent universellement exclues — et c’est logique. Mais l’armement conventionnel défensif est entré dans une zone grise depuis l’invasion de l’Ukraine.

La Commission européenne a tranché dans le sens d’une compatibilité partielle avec la taxonomie verte : les investissements dans l’industrie de défense peuvent contribuer à la sécurité des personnes et à la stabilité démocratique. Plusieurs grands gestionnaires (Amundi, BNP Paribas AM, Candriam) ont assoupli leurs critères ESG pour réintégrer les industriels de la défense dont les activités excluent les armes de destruction massive.

Pour l’investisseur particulier, la question se pose surtout dans le cadre de son PEA : les ETF défense labellisés « ESG » comme le Amundi DFEN excluent les entreprises impliquées dans les armes controversées, mais incluent les fabricants d’avions de combat, missiles conventionnels et blindés. C’est une position médiane qui satisfait de nombreux investisseurs soucieux d’éthique sans renoncer à l’exposition sectorielle.

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Vérifiez la composition de votre ETF avant d’investir

Chaque ETF défense a sa propre politique d’exclusion. Avant d’acheter, consultez le document DICI (Document d’Information Clé) et la liste des 10 premières positions sur le site de l’émetteur. Certains ETF « défense » incluent des sociétés comme Airbus (majoritairement civil) ou des sociétés de cybersécurité sans activité militaire directe — ce qui peut correspondre ou non à ce que vous recherchez.

Perspectives du secteur défense européen 2026-2030

Les analystes s’accordent sur un point : le réarmement européen n’est pas un phénomène de court terme. Les budgets défense engagés courent jusqu’en 2030 et au-delà, les programmes d’armement se comptent en décennies, et la menace géopolitique à l’Est ne s’est pas dissipée. Voici les moteurs de croissance identifiés pour les 4 prochaines années.

La défense aérienne : le marché le plus dynamique

La guerre en Ukraine a démontré la primauté de la défense aérienne et anti-missiles. L’Europe manque cruellement de systèmes sol-air de courte et moyenne portée. Le programme SHORAD (Short Range Air Defense) représente des commandes potentielles de plus de 50 milliards d’euros sur 10 ans. Les bénéficiaires directs : Rheinmetall (Skynex), MBDA (VL Mica), Thales (RAPIDFire).

Les drones et la guerre électronique

La prolifération des drones a transformé la guerre terrestre. Chaque armée cherche désormais à la fois des drones d’attaque offensifs et des systèmes de neutralisation des drones adverses. Ce segment, encore émergent en 2024, représentera selon les estimations de l’IISS (Institut International d’Études Stratégiques) plus de 30 milliards d’euros de commandes européennes sur 2025-2030.

La cyberdéfense : un secteur à croissance structurelle

La guerre hybride (cyberattaques, désinformation) est désormais reconnue comme une menace à part entière par l’OTAN. Les budgets cyberdéfense progressent de 20 à 30 % par an dans la plupart des pays membres. Leonardo, Thales et BAE Systems sont particulièrement bien positionnés sur ce créneau, qui présente l’avantage d’être moins cyclique que le matériel militaire lourd.

Pour saisir ces tendances sur le long terme, une approche « buy and hold » couplée à une stratégie d’épargne progressive peut s’avérer particulièrement adaptée. Combiner des valeurs de défense avec des actions françaises à dividendes peut également offrir une diversification sectorielle tout en maintenant un flux de revenus réguliers.

Comment acheter concrètement des ETF ou actions défense

Passer à l’action est souvent la partie la plus intimidante pour les nouveaux investisseurs. Voici le processus simplifié en quatre étapes pour investir dans le secteur de la défense européenne.

Étape 1 : Choisir le bon courtier

Pour les ETF éligibles PEA, les courtiers en ligne français offrent les meilleures conditions : frais réduits, interface simple, fiscalité automatique. Pour les actions étrangères hors PEA (Rheinmetall, BAE Systems), un courtier proposant l’accès aux marchés Xetra et LSE est nécessaire. Les frais de transaction varient de 0 € (Trade Republic sur ETF) à 0,5 % du montant pour les marchés étrangers.

Notre comparatif des frais de courtage 2026 vous aidera à identifier le courtier le plus compétitif selon votre profil de trading. Si vous hésitez sur la plateforme, notre avis sur Trade Republic ou celui d’XTB peuvent vous guider.

Étape 2 : Ouvrir l’enveloppe fiscale appropriée

Si vous n’avez pas encore de PEA, ouvrez-en un immédiatement — même avec un premier versement symbolique. Le compteur des 5 ans (pour bénéficier de l’exonération d’impôt sur les plus-values) commence à la date d’ouverture, pas à la date d’investissement. Chaque mois de retard est potentiellement 17,2 % de taxe en moins dans votre poche sur les gains futurs.

Étape 3 : Passer votre premier ordre

Sur un ETF comme le EUAD, passez un ordre « au marché » pour les petits montants (< 5 000 €), ou un ordre "à cours limité" pour les montants plus importants afin d'éviter le risque de slippage (exécution à un prix défavorable en cas de faible liquidité). Le volume d'échange quotidien de ces ETF dépasse généralement 20 millions d'euros, la liquidité ne pose donc pas de problème en temps normal.

Étape 4 : Programmer un suivi régulier

Les investissements dans la défense méritent un suivi trimestriel aligné sur les publications de résultats. Les annonces de contrats (souvent communiquées via les ministères de la défense nationaux) et les révisions des budgets militaires sont les principaux catalyseurs à surveiller. Un agenda de 4 revues annuelles suffit pour un investisseur long terme.

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Pour aller plus loin dans votre construction patrimoniale

Investir dans la défense est une composante parmi d’autres d’un portefeuille équilibré. Découvrez comment les ETF intelligence artificielle peuvent compléter votre exposition thématique, ou comment la gestion pilotée peut automatiser votre allocation globale. Pour les investisseurs qui cherchent à maximiser l’indépendance financière, notre guide de l’indépendance financière propose une vision d’ensemble.

Questions fréquentes

Quel ETF défense européenne est le plus performant en 2026 ?

Sur la période 2024-2026, le VanEck Defense ETF (DFNS) affiche la meilleure performance globale (+201 % environ), grâce à son exposition à des valeurs américaines comme RTX et L3Harris en plus des européennes. Cependant, pour un investisseur français souhaitant une exposition purement européenne et une éligibilité PEA, l’iShares EUAD (environ +187 %) et le BNP Paribas HERO (0,30 % de frais annuels) sont les références à privilégier. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Peut-on investir dans la défense via un PEA ?

Oui, il est tout à fait possible d’investir dans la défense via un PEA. Les actions d’entreprises dont le siège est dans l’UE (comme Safran ou Thales) y sont directement éligibles. Plusieurs ETF défense, notamment ceux utilisant la réplication synthétique, sont également éligibles PEA tout en offrant une exposition globale au secteur. L’avantage fiscal est substantiel : après 5 ans, les plus-values ne sont soumises qu’aux prélèvements sociaux de 17,2 %, contre 30 % (flat tax) sur un compte-titres ordinaire.

Est-il encore temps d’investir dans la défense en 2026 ?

C’est la question que se posent de nombreux investisseurs face à des cours qui ont déjà fortement progressé. La réponse dépend de votre horizon temporel. Sur 5-10 ans, les moteurs structurels restent puissants : les budgets engagés courent jusqu’en 2030+, les cycles d’armement sont longs, et les carnets de commandes débordent. Sur 12-18 mois, la valorisation de certaines valeurs comme Rheinmetall intègre déjà beaucoup d’optimisme. Une entrée progressive via DCA reste la stratégie la plus prudente.

Rheinmetall est-il éligible au PEA ?

Non. Rheinmetall est une société de droit allemand cotée sur le Xetra (Francfort), mais elle n’est pas cotée sur un marché réglementé « parisien » ni ne remplit les critères d’éligibilité PEA tels qu’interprétés par les autorités françaises. L’investissement dans Rheinmetall nécessite donc un compte-titres ordinaire (CTO), et les plus-values seront soumises à la flat tax de 30 % (PFU). La retenue à la source allemande sur les dividendes est de 26,375 %, partiellement récupérable selon votre situation fiscale.

Quels sont les risques principaux d’un investissement dans la défense ?

Les principaux risques sont : le risque géopolitique (un accord de paix peut faire chuter les cours), le risque politique et budgétaire (les gouvernements peuvent réduire leurs commandes), le risque de valorisation (certaines valeurs sont très chères par rapport à leurs fondamentaux historiques), et le risque de concentration sectorielle. À ces risques s’ajoute pour les valeurs étrangères le risque de change. Une diversification via ETF et une allocation limitée à 5-15 % du portefeuille global permettent de les maîtriser.

Les fonds ISR peuvent-ils investir dans la défense ?

Depuis 2023-2024, de nombreux fonds ISR ont assoupli leur position sur la défense conventionnelle. Les armes à sous-munitions, mines antipersonnel et armes biologiques ou chimiques restent universellement exclues. Mais les fabricants de matériel militaire conventionnel (avions de combat, blindés, missiles non-prolifération) peuvent désormais figurer dans certains ETF labellisés « ESG » comme l’Amundi DFEN. Vérifiez toujours la politique d’exclusion spécifique de chaque produit avant d’investir.

Comment investir dans la défense avec un petit budget ?

Avec un budget modeste (100 à 500 €), les ETF sont la solution idéale. Des courtiers comme Trade Republic permettent d’acheter des ETF défense sans frais de transaction (frais inclus dans le spread), et proposent des plans d’investissement programmés mensuels à partir de 10 €. Pour investir régulièrement avec un petit capital, notre guide sur l’investissement à partir de 100 € par mois vous donnera une méthode structurée.

Quel est l’impact du Brexit sur les investissements dans BAE Systems ?

Le Brexit a exclu BAE Systems de l’éligibilité PEA (le Royaume-Uni n’est plus dans l’UE). Les investisseurs français doivent donc passer par un compte-titres ordinaire. L’investissement est libellé en livres sterling, introduisant un risque de change. Le dividende verse une retenue à la source britannique de 0 % pour les résidents UE (pas de retenue à la source sur les dividendes d’actions britanniques pour les non-résidents), ce qui est en réalité avantageux par rapport à l’Allemagne ou à d’autres pays.

Le secteur défense est-il cyclique ou défensif ?

Le secteur défense présente un profil hybride : ses revenus sont contractuels et récurrents (caractère défensif), mais ses valorisations boursières réagissent fortement au cycle géopolitique (caractère cyclique). En pratique, les cours des actions de défense progressent surtout lors des périodes de tension internationale et peuvent corriger lors des accalmies. Cette dynamique les distingue des secteurs purement défensifs comme les utilities ou l’alimentation, et justifie une position calibrée dans un portefeuille diversifié.

Comment déclarer fiscalement ses investissements dans la défense ?

Les plus-values réalisées dans un PEA ne sont déclarées qu’au moment du retrait (formulaire 2074), et seuls les prélèvements sociaux de 17,2 % s’appliquent après 5 ans. Pour un compte-titres ordinaire, vous devez déclarer chaque année les plus-values et dividendes via l’IFU (Imprimé Fiscal Unique) fourni par votre courtier. La flat tax de 30 % (PFU) s’applique automatiquement, ou vous pouvez opter pour le barème progressif si votre TMI est inférieure à 12,8 %. Notre guide sur la flat tax clarifie tous ces mécanismes.

Investir dans la défense européenne en 2026 représente une opportunité structurelle rare : un secteur porté par des décisions budgétaires pluriannuelles, des carnets de commandes historiques, et une demande qui ne montre aucun signe de ralentissement. Mais comme tout investissement sectoriel concentré, il requiert discernement, diversification, et une vision de long terme. Que vous choisissiez la simplicité d’un ETF éligible PEA ou la sélection active d’actions comme Safran ou Rheinmetall, l’essentiel est de construire une position cohérente avec votre profil de risque global — et d’éviter de sur-pondérer un secteur au seul motif que ses cours ont déjà fortement progressé.

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Passez à l’action : construisez votre exposition défense

Le réarmement européen est l’un des thèmes d’investissement les plus tangibles de la décennie. Voici comment commencer concrètement dès aujourd’hui :

  1. Définissez votre allocation — Décidez quelle part de votre portefeuille (5 à 15 % maximum) vous souhaitez dédier au secteur défense.
  2. Choisissez votre véhicule — ETF éligible PEA pour l’avantage fiscal (EUAD, HERO, DFEN), ou actions directes si vous avez une conviction forte sur des valeurs spécifiques.
  3. Investissez progressivement — Un plan mensuel automatique lisse le risque de timing et évite les décisions émotionnelles lors des pics de volatilité géopolitique.

Complétez votre stratégie avec notre guide des meilleurs ETF 2026 et notre analyse de l’impact fiscal des ETF capitalisants vs distribuants.

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L’équipe capital-malin.fr

Cet article a été rédigé par l’équipe éditoriale de capital-malin.fr, composée d’experts en finance personnelle, bourse et épargne. Nos analyses sont indépendantes et régulièrement mises à jour. Dernière révision : mars 2026.

📚 Guide complet : Investir en Bourse : Le Guide Complet — Notre guide de référence sur le sujet.

Avertissement : Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre informatif et éducatif uniquement. Elles ne constituent pas des conseils en investissement, des recommandations personnalisées ni une incitation à acheter ou vendre des instruments financiers. Investir comporte des risques de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Consultez un conseiller financier agréé avant toute décision d’investissement.

À lire aussi : Investir dans les Small Caps Européennes en 2026 : Guide…

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